Cadeau d’anniversaire

Samedi 3 Mars 2012

Ainsi, après deux boycott consécutifs, le FFS décide enfin de participer aux prochaines législatives. Surprise ? Loin de là, si on arrive à suivre de près l’évolution de la scène politique nationale. Le parti présidé par Aït Ahmed a su imposer son emprunte depuis pratiquement une année.


Cadeau d’anniversaire
Faut-il le rappeler qu’au moment où des partis d’opposition ont voulu surfer sur la vague des «révolutions» arabes et ont quasiment appelé à l’émeute, le FFS est monté au créneau pour dénoncer toute tentative d’imposer la violence dans les changements qui sont en train de s’opérer dans l’échiquier politique. Signe des temps, il préparait déjà l’abandon de ce qu’on peut appeler l’opposition «frontale» et échafaudait des passerelles avec le pouvoir.  Ces passerelles sont loin d’être une compromission mais plutôt une approche tactique, comme le dit si bien Aït Ahmed. Une tactique qui part d’un constat selon lequel le pouvoir a été fragilisé par les tensions régionales et les pressions extérieurs et au lieu d’user de son poids comme un parti puissant et apporter le coup de grâce à ce même pouvoir, le FFS a préféré tendre la main pour une sortie de crise en jouant sur du velours plutôt que de tenter le hasard.

L’Etat-major du Front des forces socialistes sait qu’un bras de fer et un boycott des élections va cantonner le parti dans une équation à plusieurs variables. Annoncer le boycott équivaut à rallier la position de son «frère-ennemi» le RCD qui est loin d’être judicieuse et isoler d’avantage une région comme la Kabylie de l’évolution politique en cours. Sans identifier le FFS comme parti régional, toutefois, les clichés et les mauvaises interprétations ont la peau dure.
Avec l’annonce d’hier, le parti d’Aït Ahmed vient d’entrer de plain pied dans la recomposition de la vie politique qui se profile, et il faut compter avec lui lors des joutes électorales prochaines.

Par ses orientations à ses militants et sa décision de participer aux prochaines législatives, Aït Ahmed a étalé toute son expérience, sa capacité d’analyse et a montré notamment ses performances d’un vieux routier de la manœuvre politique avec un brin de sagesse en concluant : «Nous avons appris, dans la pratique des êtres, à identifier et choisir ceux qui nous agréent comme camarades, comme frères et comme amis et ceux qui ne nous agréent à aucun de ces titres mais que nous supportons car ils sont, malgré tout, des compatriotes.»

Quand Bouteflika avait comparé les prochaines élections au 1er novembre 1954, il savait que le pays va vivre un grand moment de son histoire. Aït Ahmed est un monument de l’histoire du pays. Il ne pouvait pas ne pas être présent dans un grand moment de l’histoire de son pays.
Bouteflika ne pouvait pas espérer un meilleur cadeau d’anniversaire de la part d’un vieux compagnon d’armes.


Par Mourad Hadjersi
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