L’Algérie n’est pas un «ami de la Syrie»

Lundi 2 Avril 2012

L’Algérie n’est pas un «ami de la Syrie»
Que fait notre ministre des affaires étrangères à Istanbul ? De prime abord, certains seront tentés de dire que l’Algérie s’est ralliée à la soixantaine de pays qui se sont fait appelés «les amis de la Syrie» et qui tentent d’unifier l’opposition syrienne et faire d’anvantage de pressions sur le régime de Damas.
 
Or, le discours prononcé hier par le representant de la diplomatie algérienne va, curieusement, à l’encontre de tout ce qu’esperait entendre le Conseil national syrien (CNS) de la bouche d’un soit disant  «ami ». Tout d’abbord, il insiste subtilement sur ce qu’on peut appeler «l’opposition de l’intérieur» qui est absente à Istanbul en réiterant l’appel à l’unifacation. Une façon d’enlever la légitimié exclusive au CNS comme étant le seul porte-voix de l’opposition au régime syrien.Comme il a également rappelé que le dernier sommet de la Ligue arabe avait également lancé un appel à l'opposition "pour qu'elle s'inscrive pleinement dans la démarche de l'envoyé spécial des Nations unies et de la Ligue arabe». Une démarche claire et précise que tout le monde devait respecter. Déchiffrons le message en termes «simplistes» : «Si vous avez acceptez le plan de Kofi Annan, à quoi  jouez-vous ici à Istanbul»?! Et le «vous» ici ne s’adresse pas à l’opposition syrienne mais plutôt aux organisateurs de la rencontre et plus précisement le Qatar et l’Arabie saoudite ainsi que leurs soutiens occidentaux.
 
Le même discours et préoccupations chez les absents de cette rencontre et en premier lieu la Russie. En effet, la veille de cette réunion le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch déclare que Moscou est préoccupé par la déclaration du ministère français des affaires étrangeres, selon laquelle les "Amis de la Syrie" jugeront au nom de la communauté internationale de l'exécution par Damas du plan de l'émissaire des Nations unis et de la Ligue arabe, Kofi Annan. "Le droit d'estimer les progrès de la mise en œuvre du plan de Kofi Annan appartient avant tout à l'émissaire spécial pour la Syrie, ainsi qu'au Conseil de sécurité de l'ONU dont le rôle ne peut pas être joué par un groupe autoproclamé d'amis de la Syrie.

L'intention de faire autrement annoncée par un pays membre permanent du Conseil de sécurité, est pour le moins inquiétante",  indique Loukachevitch et de poursuivre "Nous voudrions rappeler que le plan en six points, baptisé "le plan de Kofi Annan", a été approuvé unanimement par le Conseil de sécurité de l'Onu, selon la déclaration de son président, publiée le 21 mars. Le Conseil a clairement indiqué que l'envoyé spécial (Annan) était chargé de l'informer des progrès de sa mission", a-t-il ajouté.
 
En fait, c’est un recadrage de la gestion du dossier syrien que l’Algérie est allée defendre à Istanbul au nom des absents, au nom de la communauté internationale representée par les Nations Unis et au nom de la Ligue Arabe.
 
En somme, l’Algérie n’a fait, hier à travers l’intervention de son ministre des affaires étrangères, que développer «l’antithèse» du discours belliciste prôné par une partie de l’opposition syrienne et ses sponsors. D’où, elle ne peut en aucun cas être  «l’amie de la Syrie» dans la version concoctée sur les rives du Bosphore.

Par Mourad Hadjersi
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