Le projet algéro‑américain de biotechnologie connaît une avancée : L’Algérie veut dépasser le stade d’importateur de médicaments

Samedi 26 Mai 2012

Le projet algéro‑américain de biotechnologie connaît une avancée : L’Algérie veut dépasser le stade d’importateur de médicaments
Dans le cadre de projet algéro‑américain de réalisation d’un pôle de biotechnologie en Algérie, le cabinet Deloitte a présenté mercredi dernier,  l’étude de diagnostic. Ce qui est une grande avancée pour ce projet lancé depuis juin 2011et qui sera opérationnel en 2020.   Il s’agit d’un rapport de 200 pages qui sera transmis la semaine prochaine au président de la République selon le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès, qui a assisté à la présentation.
Il est à souligner que l’étude portant sur le  développement d’une industrie pharmaceutique innovante en Algérie, a été commandée par l’association Pharma, qui regroupe les plus grands laboratoires américains et européens.  l’Étude comprend 82 recommandations.
 
Dans ce cadre, le rapport note que « L’Algérie est le deuxième marché de médicaments en Afrique après l’Afrique du sud ».  Ce qui consistitue un argument en faveur de l’Algérie et qui a pesé dans la décision des laboratoires américains de choisir l’Algérie pour y implanter le premier pôle d’excellence de biotechnologie en Afrique et au Moyen‑Orient. Ce pôle devrait être le quatrième du genre dans le monde, après Boston (États‑Unis), Singapour et l’Irlande.
 
D’autres avantages auraient influencé la décision des américains, il est question notamment de la disponibilité des moyens financiers, la gratuité des soins dans le public, l’existence d’un système de sécurité sociale. Cependant, des   points négatifs existent relatifs à «  la forte dépendance de l’économie vis‑à‑vis des hydrocarbures et des importations de biens et services, le faible taux de diplômés dans les matières scientifiques (4 %) dont 1 % pour la médecine, les lois actuelles sur l’investissement étranger, l’application effective de l’exercice du droit de propriété intellectuelle ».  
 
Dans ce contexte, Pierre‑Marie Matin, du cabinet Deloitte explique que « En Algérie, les brevets sont protégés, mais les données de ces brevets ne le sont pas ». Pour le ministre de la Santé qui assisté à toute la présentation  « l’Algérie est  en mesure de remplir toutes les conditions, dont certaines sont déjà satisfaites ». S’agissant de la question relative aux essais cliniques, qui restent faibles en Algérie (32 par an). Ould Abbas dira que  « L’Algérie s’inscrit dans une dynamique mondiale. Chaque pays a ses lois et ses coutumes. Les essais cliniques sont bénéfiques et cela se fera au fur et à mesure » des besoins.
 
D’autre part, le ministre a insisté sur le caractère stratégique de ce pôle pour faire passer l’Algérie du stade d’importateur à celui de fabricant de médicaments en déplorant le fait que  « Les producteurs étrangers ont répondu au questionnaire de Deloitte plus que les nationaux ». Il est à noter que les  rapporteurs de Deloitte ont distribué des questionnaires à 87 responsables, dans l’administration et le secteur économique.
 
Le taux de réponse enregistré est de 59 %. Dans un entretien accordé à TSA,   le ministre de la Santé  a déploré  « le secteur privé algérien n’ait pas répondu suffisamment avec un taux de 33 % ». Il a ajouté « les Américains ne viennent pas pour les beaux yeux de l’Algérie. Il y a aussi leurs intérêts. J’ai imposé mes conditions, à savoir le transfert de technologie, la formation et la mise en place graduelle d’une industrie du médicament qui nous mettra à l’abri de l’importation. Il y a cinq ans, on dépendait à 71 % de la France pour les médicaments. Maintenant, un peu moins, jusqu’à 52 %.». Pour le ministre, « On peut dépendre de tout, sauf du médicament.
 
En 18 mois, le montant des investissements s’est élevé à 385 millions de dollars. Le dernier investissement est celui d’une société émiratie dans la production de solutés massifs que nous importons. Nous avons besoin de 30 millions d’unités par an. Avec ce partenariat, on en fabriquera 20 millions. On ne dépendra plus de l’étranger ». Concernant la faiblesse des essais cliniques en Algérie, le ministre a expliqué que l’Algérie fait 32 essais cliniques par an et  acceptera les essais dans le respect de l’éthique et du droit. « Je présenterai des décrets au gouvernement pour réglementer et encadrer les essais cliniques qui se feront dans les structures publiques, dans un premier temps » a-t-il conclu.

Ahmed Amine Bechar
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