Les banlieues à l’heure de l’été : Lorsque les espaces ne sont pas verts

Jeudi 7 Juin 2012

C’est la saison de détente, pour les fonctionnaires comme pour les écoliers, qui se sont rendu aux examens et même pour les visiteurs d’Alger, en ces dernières semaines du printemps qui seront talonnées par l’été.


Les banlieues à l’heure de l’été : Lorsque les espaces ne sont pas verts
Tout le monde ou presque a besoin d’unmoment de  répit pour se retrouver dans un jardin ou de se promener à travers un espace vert. Pour cela,  l’Epic Edeval (Etablissement de développement des espaces verts d’Alger), qui couvre 28 communes relevant de neuf circonscriptions administratives, dont celle de Baraki s’efforce de gérer et d’entretenir  11 parcs, 85 jardins, 36 places, 26 placettes, 368 points verts, 63 talus et 22 refuges ainsi que le traitement de 21 680 arbres d’alignement.
 
Ce patrimoine de 610 sites totalisant 1.396 .955 m²  est à quelques endroits  en butte à de multiples risques, lesquels pour les contrecarrer il convient de sensibiliser les usagers, individus et groupes, en plus de l’assiduité des 1330 employés majoritairement des jardiniers qualifiés et de manœuvres qui se chargent tous de l’entretien de ces espaces.

Le jardin d’essais du Hamma réhabilité à temps

En effet, c’est dans cette optique de restructuration  ayant touché maints sites que le jardin d’essais  du Hamma a vu, en 2000, de conséquents travaux de réhabilitation qui ont duré de nombreuses années.
 
Simultanément, des espaces  situés à travers les banlieues de la capitale des aménagements intervenus dans une dynamique d’urbanisation. Au fait, le jardin d’Essais du  Hamma a ouvert ses portes voilà quatre années dans une particulière ambiance marquée par la supervision inaugurale du président de la République.
 
Trésor caché, riche d’un patrimoine végétal des plus renommés, il lève enfin le voile sur ses mystères et ses joyaux dont jouissent un large public, plus de 15.000 personnes aux premiers jours de l’ouverture,  e sont retrouvées dans le jardin et presque le double à l’entrée.
 
Des milliers d’autres y ont afflués, surtout durant les week ends, et les vacances scolaires. Cependant «le public, en manque d’espace de détente et peu informé de la particularité du jardin n’a pas pris toute la mesure de ce qui s’ouvrait devant lui», se désole un employé à la direction de ce jardin crée en 1832.Un espace des plus beaux au monde qui, de surcroit, a connu des évènements et des figures historiques au19 éme siècle, avant d’abriter les troupes américaines venues en renfort, lors de la Seconde Guerre mondiale.
 
Ainsi, des joyaux ont été malmenés, vilipendés, écrasés après avoir survécu au terrorisme des années 1990, après avoir été épargnés par la guerre de Libération nationale. De diverses désolantes remarques  y ont été faites telles : «  Les ficus aux grandes lianes ont bien permis aux enfants de s’agripper et de pousser les cris de Tarzan. Sauf que les lianes du ficus sont en réalité des racines aériennes et que leur âge ne permet pas de supporter ce type d’agressions», rapporte un journaliste.
 
Un responsable fait, en revanche,  rappeler les règles de  discipline à observer par les visiteurs de ce charmant site ,à savoir une liste d’interdictions :  « Il est interdit de monter sur les arbres, quel que soit leur âge et ce, avant tout pour des raisons de sécurité, il est interdit d’uriner dans le jardin,  de marcher sur les pelouses ou de s’y allonger, de manger dans le jardin, et encore moins d’y laisser ses détritus, il est interdit de toucher aux plantes, de cueillir les fleurs,  de se baigner ou de s’abreuver dans le jardin,  de jeter des pierres dans le bassin .
 
Les animaux domestiques ne sont évidemment pas autorisés et tout comportement susceptible de porter atteinte aux autres visiteurs est strictement interdit ». Pour parer au pire , « Il est fort à parier que l’entrée du jardin, à l’avenir, sera limitée à 5000 ou 8000 visiteurs », explique le directeur du jardin, estimant par contre qu’ il existe un public de  bonne qualité, curieux de découvertes.
 
 Cependant, prévention oblige, l’existence de pas moins de 80 agents de l’ordre et 100 agents de sécurité. L’un d’entre eux remarque en substance qu’ « Il y a un grand sentiment de frustration, d’autant plus que le jardin porte au romantisme, mais  il y a des barrières à ne pas dépasser conformément au règlement intérieur. »
 
 Par ailleurs, les cadres de l’établissement de la wilaya d’Alger Edival affirment que de pareilles carences enregistrées au niveau des jardins et espaces existants à travers le territoire de la wilaya d’Alger, en particulier    à Sidi M’hamed, Hussein Dey, El Harrach, Bir Mourad Raïs, Bab El Oued, Bouzaréah,Dar El Beida, et à Baraki.

A Baraki, l’unique jardin draine la population de la Mitidja

Dix ans après sa réouverture au public, le jardin de Baraki continue d'être un lieu de détente pour les familles citadines et un refuge pour les passagers, venant des villes et villages de la plaine de la Mitidja,  notamment en ces jours de  relative hausse de la température.
 
Mais les citoyens qui le fréquentent déplorent le nombre limité de places.«Nous partageons un banc en bois dégradée  de 3  à 5 personnes, faute de places dans ce jardin archi- comble au milieu de la journée», atteste Ami Ali 73 ans, habitant à  Larbaa, en visite familiale chez ses proches vivant à la cité urbaine des 2004 logements, située à Baraki.
 
Plusieurs visiteurs, dont des fonctionnaires retraités se sont plaints du mauvais état de cet unique jardin, datant de la période coloniale, notamment eu égard au nombre réduit de ses bancs ,  lesquels ne dépassent pas une dizaine  en bois usé. Les couloirs menant vers quelques arbres, qui ont survécu aux caprices de la nature, sont encombrés de jeunes et adultes endormis, à même le sol au moment de la sieste.
 
A l'exception des trois espaces aménagés au centre-ville, à Boukaraa et à El Merdja, les espaces verts sont encore rares.  Pire les parcelles vertes clôturées çà et là dans le territoire communal ne bénéficient pas d'un intérêt suffisant, et les ordures laissées par le public s'y amoncèlent pendant plusieurs jours.«Certes, la superficie a augmenté suite à l'extension de cet espace, mais la couverture végétale n'est pas si dense.
 
Or, il est question de réaliser d’autres espaces   verts déjà inscrits au titre du plan de développement local » , souligne un élu à l’APC de Baraki,en citant aussi  l'inscription de projets de verdure et de détente au profit des habitants des cinq vieux quartiers de même que les locataires de la cité des 2004 Logements et les banlieusards de Lamirate et Mahdi Boualem. Par défaut d'autres espaces de loisirs, les habitants de la périphérie,  et voire  une partie de ceux habitant dans des contrées et communes voisines se trouvent contraints de visiter, de temps à autre, ce jardin public qui est bien positionné dans un site privilégié au centre ville de Baraki.
 
A proximité, dans la commune de SidiMoussa, la population,  spécialement les familles et les jeunes souffrent de l’absence de jardin pour échapper à l’ennui insupportable et les personnes âgées n’ont qu’un espace très exigu pour la rencontre, à l’ancien centre ville construite en 1863.Pourtant, elle maintient encore sa verdure extrêmement agréable. Tandis qu’à    Bentalha les éléves du lycée Ahmed Hamani, n’ont que l’herbe situé en face de leur établissement où ils passent la sieste.
 
D’entre ceux qui résident dans des localités un peu reculées préfèrent y rester pour réviser les leçons en cette période d’examens.  Pas loin, aux Eucalyptus, les habitants de cette commune issue du découpage administratif de 1985, n’ont dégusté la saveur des espaces verts  qu’en voyant le jardin qui a été bâti  à partir de 2007, où « son architecte leur a  promis  de jouir un jour du paradis de proximité» ironise un jeune du quartier populaire surpeuplé, Cherarba.

Hamid. E
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