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Nous écrirons l’Histoire

Dimanche 18 Mars 2012

Nous écrirons l’Histoire
Un ami et confrère s’est posé la question, il y a quelques jours, pourquoi l’Algérie et la France n’ont pas programmé des festivités communes pour célébrer le cinquantième anniversaire de notre indépendance ? Si toutefois l’interrogation reste légitime, il semblerait que beaucoup de paramètres vont à l’encontre de ce souhait.
 
Célébrer cet événement nécessiterait une prédisposition des deux parties à aller de l’avant et tenter, sans oublier, d’assumer son passé avec humilité. Une France «courageuse» devant le miroir de l’Histoire pour regarder son profil d’ancien colonisateur qui reconnait son passé pas du tout reluisant et une Algérie «humble» qui, sans renier l’héritage de ses malheurs et de ses souffrances, regarde vers l’avenir.
 
Or, il a suffit que cette même France soit enfiévrée par l’effervescence d’une campagne électorale présidentielle et que le président-candidat se voit défavorisé par les sondages pour que tout dérape. Devant cette panique, il n’a pas trouvé mieux que d’aller remuer le couteau dans les plaies en tentant de ratisser large parmi l’électorat français, notamment ceux hostiles à l’Algérie (pieds noirs, harkis et autres nostalgiques de l’Algérie française). Pis, ou plutôt comble de l’absurde et de l’ironie, et du manière sournoise, il insuffle un semblant de débat sur la relecture des actes commis par les moudjahidine envers les colons français. C’est à croire qu’ils veulent que le peuple algérien «s’excuserait» des morts français durant la Guerre de révolution !!!
 
Mauvaise foi quand elle vous tient… Allez donc demander aux forces alliées, dont vous faisiez partie, de s’excuser d’avoir tué des civils allemands durant la deuxième Guerre mondiale. La ville de Dresde en connait un bout de l’histoire des massacres que vos parents ont commis en terre allemande.
 
Réconciliation dites-vous ? Elle n’est pas à l’ordre du jour tant que près de la moitié du peuple français (selon un sondage publié hier)  voit toujours que l’indépendance de l’Algérie «était une mauvaise chose pour la France !» 
 
Il est connu que l’Histoire a toujours été écrite par les vainqueurs. Et dans ce passé tumultueux qui nous a fait rencontrer pendant une période, c’était nous les vainqueurs, c’est nous qui doivent écrire l’Histoire. Au pire, chacun écrira la sienne et c’est les générations futures qui jugeront qui a été l’oppresseur et qui a été l’opprimé, qui a été le criminel et qui a été la victime.
 
Nos morts tombés au champ d’honneur, on les appelle chez nous, des martyrs. Les vôtres qui sont morts sur une terre qui ne leur appartient pas, vous les appelez comment ?....
 
C’est toute la différence.

Par Mourad Hadjersi
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